Vélos électriques : les recherches chutent de près de 50 % depuis le pic de 2022

Depuis une dizaine d’années, le vélo électrique s’est imposé comme l’un des produits les plus emblématiques de la transformation des mobilités. Longtemps considéré comme un équipement de niche, il est désormais devenu un mode de transport courant dans les grandes villes françaises. Les données de recherche sur Google montrent cependant que la dynamique du marché évolue : après une phase d’explosion spectaculaire, l’intérêt semble désormais se stabiliser.
Une progression spectaculaire de l’intérêt des consommateurs

L’analyse des données issues de Google Trends sur la requête « vélo électrique » en France montre une montée progressive de l’intérêt des internautes à partir de la seconde moitié des années 2010.
Jusqu’en 2016, les recherches restent relativement faibles. Le vélo électrique est alors perçu comme un produit encore coûteux, réservé à certains usages urbains ou à une clientèle spécifique.
À partir de 2017, la tendance change nettement. L’intérêt pour le vélo électrique commence à augmenter de manière continue. La croissance s’accélère encore entre 2019 et 2022, période durant laquelle les recherches atteignent leur point le plus élevé.
Le pic de popularité intervient en août 2022, où l’indice d’intérêt atteint la valeur maximale de 100 dans les données Google Trends. Cela signifie que l’intérêt pour ce type de produit n’a jamais été aussi élevé sur la période étudiée.
Depuis ce pic, les recherches se maintiennent à un niveau élevé mais inférieur, oscillant généralement entre 30 et 50 sur l’indice de popularité. Cette évolution traduit un changement important : le marché ne disparaît pas, mais il passe d’une phase d’engouement à une phase de normalisation.
L’effet massif des aides publiques
L’un des moteurs majeurs de cette explosion reste la politique publique en faveur des mobilités douces.
Depuis plusieurs années, l’État français et les collectivités territoriales ont multiplié les dispositifs d’aide à l’achat de vélos électriques :
- bonus écologique national
- primes régionales ou municipales
- aides spécifiques pour les ménages modestes
- subventions pour les vélos cargos ou professionnels
Dans certaines villes, ces aides peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros, voire dépasser 1 000 € dans certains cas cumulés. Cette politique a fortement réduit le coût d’accès à un produit dont le prix moyen se situe souvent entre 1 500 et 3 000 euros.
Les données de recherche montrent d’ailleurs une corrélation claire entre l’intensification des aides publiques et la hausse de l’intérêt pour les vélos électriques.
La pandémie, accélérateur inattendu
La crise sanitaire de 2020 a également joué un rôle déterminant.
Durant les périodes de confinement et de restriction des transports publics, de nombreux Français ont cherché des alternatives de mobilité individuelles. Le vélo électrique est alors apparu comme une solution pratique pour les déplacements urbains et périurbains.
Dans le même temps, de nombreuses villes ont développé des infrastructures cyclables temporaires, souvent appelées « coronapistes », dont certaines sont devenues permanentes. L’amélioration des pistes cyclables a contribué à renforcer l’attractivité de ce mode de transport.
Cette conjonction entre crise sanitaire, politiques publiques et évolution des infrastructures a contribué à accélérer brutalement l’adoption du vélo électrique.
Un marché désormais plus mature
Depuis 2023, la dynamique semble évoluer. Les données de recherche montrent que l’intérêt reste important mais moins spectaculaire qu’au moment du pic.
Plusieurs facteurs expliquent cette stabilisation.
D’abord, une grande partie du public intéressé s’est déjà équipée. Le vélo électrique n’est plus une nouveauté technologique : il est devenu un produit installé dans le paysage.
Ensuite, le marché s’est considérablement structuré. L’offre s’est élargie avec l’arrivée de nombreuses marques, allant des fabricants historiques du cycle aux nouveaux acteurs spécialisés dans la mobilité électrique. on dénombre aujourd’hui plusieurs dizaines de marques comme Decathlon, Moustache Bikes, Cube, Haibike, Trek, Giant, Specialized, Cannondale, Kalkhoff, Gazelle, O2feel, Lapierre, Nakamura, Riese & Müller, Rad Power Bikes, Cowboy, VanMoof, Tenways, Angell ou Peugeot Cycles. Cette concurrence a contribué à améliorer les produits tout en rendant les prix plus compétitifs.
Enfin, certains consommateurs se montrent plus prudents face à l’investissement. Le coût d’achat reste élevé et les questions liées à la durée de vie des batteries ou au risque de vol continuent de freiner certains acheteurs.
Une industrie qui se transforme
La maturité du marché ne signifie pas pour autant un déclin du vélo électrique. Au contraire, l’industrie entre dans une phase de transformation.
Les fabricants se tournent désormais vers de nouveaux segments :
- vélos cargos pour la logistique urbaine
- vélos électriques pliants pour les trajets multimodaux
- vélos tout-terrain électriques pour les loisirs
- vélos électriques connectés
Parallèlement, de nouveaux acteurs émergent avec des modèles de vente directe en ligne et des stratégies marketing inspirées du secteur des technologies.
Certaines marques misent sur l’innovation technique tandis que d’autres cherchent à casser les prix pour démocratiser davantage l’équipement.
Un mode de transport désormais installé
Les données de recherche montrent que le vélo électrique n’est plus une simple tendance passagère. Même si l’engouement spectaculaire observé entre 2019 et 2022 s’est atténué, l’intérêt reste durablement élevé.
Cette stabilisation correspond à une évolution classique des marchés technologiques : après une phase d’adoption rapide, le produit devient progressivement un équipement courant.
Dans de nombreuses villes françaises, le vélo électrique fait désormais partie du paysage urbain au même titre que la voiture, le métro ou le bus. Et avec la poursuite des politiques de transition écologique et de réduction de la place de la voiture en ville, il est probable que ce mode de transport continue de jouer un rôle croissant dans les années à venir.
À propos de l'auteur
Fondateur & Spécialiste consommation
Breton de Lorient, installé à Nantes. Fondateur de Testavis depuis 2014, je décrypte la société de consommation pour protéger et guider les consommateurs au quotidien.


